Ouagadougou et les principales villes du Burkina Faso ont connu de vives tensions entre le 28 octobre et le 1er novembre dernier. La Croix-Rouge burkinabe, soutenue par la Croix-Rouge monégasque, est intervenue partout.

Les journées du 28, 29, 30 et 31 octobre 2014 ont connu des manifestations de grande envergure dans les principales villes du Burkina Faso. Ces manifestations étaient consécutives à l’introduction à l’Assemblée Nationale par le Gouvernement d’un projet de loi qui aurait pu permettre à Blaise Compaoré, chef de l’état depuis 27 ans au moment des faits, de se représenter aux élections présidentielles de 2015. Ainsi, plus d’un million de personnes se sont rassemblés le 28. Le lendemain, une grève des syndicats contre la vie chère était menée. Enfin, le 30 octobre, l’opposition politique et les organisations de la société civile ont à nouveau appelé la population à manifester contre ce projet. Cette résistance à abouti au retrait du projet de modification de la loi par le président puis la démission du Président, le lendemain.

Au cours des manifestations, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs victimes. La Croix-Rouge Burkinabé, assistée par des Sociétés nationales de Croix-Rouge partenaires, dont la Croix-Rouge monégasque, a mis en place un dispositif d’intervention dans sept villes.

© Suonen Punainen Risti / Croix-Rouge finlandaise

Trousses de secours, brancards, tentes, radios et véhicules d’intervention ont été postés aux endroits stratégiques des villes, afin d’apporter les premiers secours d’urgence aux personnes victimes, évacuer les blessés graves, orienter les enfants retrouvés seuls et aider leurs familles à les retrouver, notamment grâce à des messages diffusés sur les ondes radios.

Les 263 volontaires mobilisés ont pu circuler librement et porter secours aux personnes qui en avaient besoin. Au total, 370 blessés ont été pris en charge dans les différentes villes où la Croix-Rouge est intervenue.
Sayouba Savadogo, l’un des quatre délégués de la Croix-Rouge monégasque en mission au Niger, était rentré au Burkina Faso pour des congés lorsque les troubles ont éclaté. Il a alors décidé de venir en soutien aux équipes de la Croix-Rouge burkinabè qui interviennent à Ouagadougou. Il a trouvé un instant pour témoigner par téléphone :

Question: T’es-tu senti en danger pendant ton intervention ?

Sayouba : Non, pas du tout, ni moi, ni ma famille. Les personnes réellement menacées étaient des cibles politiques, et nous n’en faisons pas partie. De même, les équipes de volontaires de la Croix-Rouge burkinabè sont prudentes, mais sereines par rapport à leur propre sécurité : très motivés, tous comprennent et respectent les Principes Fondamentaux de notre Mouvement et agissent en conséquent. Les deux autres délégués expatriés de la Croix-Rouge monégasque qui étaient sur place, Alexandre et Laëtitia, ont suivi des mesures de sécurité strictes et ont fait le point très fréquemment avec nos collègues du siège. Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR, qui agit lors des conflits armés) a aussi suivi de près la situation.

Question: Comment la Croix-Rouge burkinabè a appréhendé ce qui s’est passé ? Est-ce qu’un renforcement de leurs activités est prévu ?

Sayouba : Tous étaient mobilisé. Nous avons pris soin d’être visibles afin d’être protégés par notre emblème. La Croix-Rouge monégasque, qui a permis de renforcer les compétences de la Croix-Rouge burkinabè en premiers secours, a contribué à ce succès. Et en mettant ce dispositif en œuvre, nous avons pu constater un besoin en ressources matérielles (systèmes de radio, trousses de secours, ambulances…), un besoin en communication, et un besoin de formation pour les volontaires (premiers secours, soutien psychosocial). La Croix-Rouge burkinabè espère y travailler activement avec ses partenaires, afin d’accroitre son efficacité lors d’évènements similaires. On ne sait pas quelle va être l’évolution de la situation. Pour l’instant l’ordre est revenu, mais les choses peuvent changer rapidement…

La couverture sanitaire de ces manifestations se poursuit encore, avec le suivi de certains enfants victimes. C’est notamment l’équipe du projet de protection des jeunes filles aides familiales, développé avec la Croix-Rouge monégasque, qui s’occupe des enfants égarés ou blessés.

Fort de sa reconnaissance et du respect de son emblème par la population burkinabé, les volontaires de la Croix-Rouge ont pu porter assistance à de nombreuses victimes dans les différentes villes du pays où il y a eu des manifestations. Remerciés et félicités par la population durant les manifestations et jusqu’à aujourd’hui encore, ils se sont sentis satisfaits de leurs actions.

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