La Croix-Rouge monégasque et tous les services de sécurité civile et publique de France se sont retrouvés mardi dernier pour un exercice à l’Allianz Riviera dans le cadre de la préparation à l’Euro 2016.

Un stade bondé avec ses 28.000 spectateurs. Des délégations internationales en tribune. Un match de football qui voit s’affronter des équipes européennes. Et… une attaque nucléaire, biologique ou encore chimique. C’est le scénario de toutes les éventualités imaginées par les autorités qui ont mené, mardi 8 mars, un exercice de simulation dans l’enceinte de l’Allianz Riviera.

Du 12 au 27 juin, le stade accueillera quatre matchs de l’Euro 2016. Et s’y prépare. Les services de la sécurité publique et de la sécurité civile seront donc mobilisés sur un test grandeur nature dit « NRBC-E : nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques et explosives ». Objectif : sécuriser la compétition.

Cet exercice, mené avec le concours de la Croix-Rouge monégasque, s’est déroulé par cette froide matinée d’hiver, à huis clos dans le stade fermé pour l’occasion, et nos membres bénévoles ont joué… les victimes.

Lors de la préparation, nous retrouvons nos membres bénévoles comme Sébastien, 25 ans, et Mohamed, 32 ans, maquillés pour l’occasion par leurs collègues secouristes, et portant des étiquettes mentionnant respectivement un traumatisme à l’épaule et un traumatisme crânien, qui se sont levés très tôt pour l’occasion.

« Nous avons participé à l’assemblée générale de la Croix-Rouge monégasque, et à la remise des diplômes de secourisme hier soir. Nous sommes un peu fatigués, mais très heureux de prendre part à cet évènement d’envergure. Nous savons qu’un tel exercice peut permettre aux services de sécurité, en étant mieux préparés, de sauver plus de vies. C’est notre objectif » témoigne Mohamed, qui a déjà utilisé les compétences en secourisme, acquises à la Croix-Rouge monégasque, dans le cadre privé et même professionnel.

Wendy a 22 ans, c’est la première fois qu’elle vient au stade, et avec un objectif bien précis : « Je suis étudiante, en DEA ambulancier à Menton. Cela fait deux mois que je me suis inscrite en tant que bénévole à la Croix-Rouge monégasque, et je compte bien me servir de mes expériences pour renforcer mes connaissances dans le cadre de mon orientation professionnelle ». Faussement atteinte d’une fracture du nez pour l’exercice, elle explique

« avoir choisi Monaco parce qu’il s’y déroule plus d’évènements sur lesquels les secouristes de la Croix-Rouge doivent intervenir. J’ai pas mal de temps libre, je veux l’optimiser au maximum, pour moi et pour les autres ».

La Croix-Rouge française est aussi au rendez-vous. Cynthia et Florian, 23 ans chacun, sont, pour l’exercice, respectivement inconsciente et contaminé avec une fracture de la jambe droite. De quoi donner du fil à retordre aux différentes équipes qui vont intervenir lors de l’attaque.

Le scénario choisi est aussi impressionnant que réaliste et lié à l’actualité : c’est finalement un drone circulant illégalement au-dessus du stade, qui se déleste d’un produit chimique non identifié sur une partie du public. Un drone, qui pourrait aussi être le photographe du stade, et ne pas inquiéter le public d’un match outre mesure.

« L’engin est piloté à distance. En l’observant, on distingue qu’il est équipé de caméras. Le pilote peut se trouver n’importe où, peut-être à plusieurs kilomètres du stade. Si on abat le drone et qu’il porte une charge dangereuse, on met tous les spectateurs en danger. C’est un véritable problème » commente-t-on dans les gradins.

L’alerte est donnée, les hauts parleurs hurlent, les écrans invitent en plusieurs langues à regagner calmement les sorties à la suite d’un « incident ». Rien de bien rassurant. S’ensuivent d’interminables minutes, au cours desquelles les moins blessés chercheront à sortir, d’autres simulent la panique, certains sont censés avoir chuté des gradins, … Les différentes forces interviennent finalement : police, gendarmerie, SMUR, pompiers, démineurs, … Chacun s’affaire auprès des victimes. Quelques mannequins en mousse ont été disposés dans les gradins. L’un porte une ceinture suspecte… Saura-t-on l’identifier ?

Les secours s’activent maintenant sous les yeux attentifs de deux classes du collège Maurice Jaubert de Nice, sélectionnées par l’inspection d’académie français pour observer la chaîne des secours. Leurs professeurs sont tous deux formateurs en premiers secours et sont eux aussi impressionnés par l’exercice. Les victimes touchées par le produit, représenté par de la farine, et les autres sont triées, les vêtements découpés sans ménagement. Des unités mobiles de décontamination sont déployées à l’entrée du stade, avec un protocole très strict. On retrouve Sébastien, allongé sur un brancard et couvert par sa seule couverture de survie, transi de froid après sa fausse douche de décontamination, qui prend son rôle à cœur et alpague les secouristes en se plaignant de multiples maux, … On imagine sans peine la situation réelle.

Certaines victimes « succombent » à leurs blessures, … et la simulation revêt alors toute son importance. « Les secours sont prêts lorsque l’alerte est donnée. Mais pour une attaque chimique par exemple, il leur faut un peu de temps pour s’habiller et s’équiper. Des minutes qui sont précieuses », témoigne le Docteur Barrier, qui supervise la participation des bénévoles monégasques.

C’est finalement l’heure pour les bénévoles de la Croix-Rouge monégasque de remballer le matériel, de se démaquiller et de se rhabiller. Chacun commente tour à tour l’expérience qu’il a vécue avant de quitter ensemble le stade. Voici une expérience inoubliable parmi toutes celles auxquelles les secouristes de la Croix- Rouge monégasque participent au long de l’année. Et qui sera certainement fort utile pour la compétition à venir!

Reportage

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